Le présent rapport a été réalisé dans le cadre de la mise en œuvre du projet « Faire entendre la voix de la communauté autour du projet de lithium à Manono ». L’étude a été menée auprès des communautés riveraines des gisement de lithium de Manono et visait à recenser les priorités des communautés dans la perspective de l’extraction de ces gisements et des négociations des cahiers des charges de responsabilité sociétale avec les compagnies industrielles qui ont obtenu les licences d’exploitation et celles qui sont en cours des négociations avec les autorités compétentes pour l’obtention des permis d’exploitation.
L’une des particularités de l’étude est qu’elle suscite l’engagement communautaire à travers la cartographie les besoins réels des communautés riveraines avant l’extraction proprement dite du lithium. Ceci permet de minimiser les impacts négatifs et maximiser des potentiels impacts positifs de l’extraction du lithium sur les communautés locales. Les données ont été collectées auprès de 160 personnes dont 71 femmes et 89 hommes. Il s’agit notamment des habitants des villages qui composent les chefferies de Bakongolo et de Kiluba du territoire de Manono situé à 650 km environ au nord de Lubumbashi et plus de 400 km de Kalemie et créée au début du 20e siècle, avec la mise en exploitation par les colons belges des gisements des minerais de cassitérite et d’étain. Mais peu à peu, avec la chute des cours, les années agitées d’après l’indépendance en 1960 et la mauvaise gestion, les équipements ont vieilli, la ville s’est endormie et le coup de grâce est venu de la guerre qui a accompagné la prise du pays en 1997.
A ce d’aujourd’hui, la cité de Manono est un territoire isolé et caractérisé par une pauvreté chronique empêchant les ménages à subvenir à leurs besoins les plus basiques, la malnutrition et les pandémies de choléra et de rougeole. Le taux de pauvreté de la province est de 88% (Gouvernement Provincial du Tanganyika, 2017). A titre de comparaison, au niveau national, 73% de la population vit avec moins de $1,9 par jour. Les principales activités économiques de la province sont l’agriculture, les cultures vivrières et la pêche, ainsi que le commerce. Pour la communauté minoritaire Twa, dont la majorité est sédentaire ou semi sédentaire, le manque d’accès à la terre et la réduction de la forêt contribue à la paupérisation de cette communauté. Nombreux d’entre eux travaillent comme des employés 6 Afrewatch-omgc journaliers dans les champs des membres de la communauté majoritaire de Bantu. Cependant, depuis la relance de l’artisanat minier, il s’observe un exode vers l’activité minière artisanale qui procure des gains plus rapides.
Ainsi, la relance de l’exploitation de lithium dans le contexte de la transition énergétique constitue une opportunité sans précédent susceptible de relancer le développement économique et social de la région. La relance peut induire la création d’emplois pour les jeunes, la construction et la réhabilitation des infrastructures d’intérêt communautaire.


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