Communiqué

Appel urgent pour la désescalade des tensions à Fungurume, la libération des membres de la communauté de Kabomba détenus et la révision du processus de délocalisation lié aux activites de Tenke Fungurume Mining (TFM), filiale du Groupe CMOC

Madame la Première Ministre,

Les organisations de la société civile actives dans le secteur extractif, des droits humains et de la gouvernance des ressources naturelles attirent votre attention sur la situation préoccupante qui prévaut à Fungurume, dans la province du Lualaba. Celle-ci est liée au conflit entre la communauté de Kabombwa et l’entreprise Tenke Fungurume Mining (TFM).

Les communautés affectées ont depuis lors dénoncé des irrégularités constatées dans le processus de délocalisation d’environ 900 ménages du village Kabombwa, initié à la suite de la pollution causée par l’usine à chaux de TFM. Elles ont estimé que cette opération s’est faite sans réinstallation digne, durable et conforme aux normes nationales et internationales.
Plusieurs familles affirment avoir reçu des compensations insuffisantes et inéquitables, ne permettant pas l’amélioration de leurs conditions de vie. Elles dénoncent également l’absence de sites de réinstallation adéquats, le non-respect des engagements sociaux, le manque d’accompagnement socio-économique pour la restauration des moyens de subsistance ainsi qu’un manque de transparence dans les indemnisations.


Au-delà du caractère opaque et manifestement disproportionné du processus de délocalisation, mené sans respect ni des textes juridiques légaux nationaux et internationaux en la matière ni de la dignité humaine., s’ajoutent des préoccupations environnementales, sociales et sanitaires dramatiques liées aux activités minières de la même entreprise TFM.

En effet, plusieurs cas de pollution de l’air, de l’eau et des sols ont été documentés par diverses organisations de la société civile. Des preuves scientifiques à l’appui, ces cas de pollution entrainent ainsi des graves impacts sanitaires au sein des communautés locales.
Malgré les nombreuses alertes, plaintes et dénonciations formulées tant par les communautés affectées que par les organisations de la société civile, et en l’absence de réponses appropriées de la part des parties concernées, certaines familles, confrontées à une situation de précarité persistante, ont été contraintes de retourner sur le site de Kabombwa en date du 20 avril 2026, faute d’alternatives viables.

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