Contexte et justification La République démocratique du Congo possède d’importantes ressources naturelles stratégiques, notamment des minerais critiques essentiels à la transition énergétique mondiale. L’économie congolaise, moteur de la croissance nationale, repose largement sur le secteur extractif qui représente plus de 98 % des exportations. Pourtant, malgré cette abondance, la RDC demeure parmi les pays les plus pauvres du monde. La gouvernance des ressources naturelles, en particulier des ressources extractives, reste confrontée à de nombreux défis : obsolescence des politiques publiques, inefficacité de leur mise en œuvre, captation des richesses, impunité systémique et gouvernance exclusive. Dans les zones minières, les populations subissent des impacts environnementaux sévères, tandis que les infrastructures de base et les services sociaux demeurent largement inaccessibles. Dans ce contexte, le processus de l’Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives (ITIE) représente une opportunité majeure pour améliorer la gouvernance, promouvoir une gestion inclusive et renforcer la redevabilité. Les organisations de la société civile, engagées dans la gouvernance des ressources naturelles, jouent un rôle essentiel : elles soutiennent la mise en œuvre de l’ITIE, favorisent la transparence et défendent une gestion équitable des ressources. Leur participation constitue ainsi un levier catalyseur pour accroître la responsabilité des décideurs et orienter la gouvernance vers l’intérêt général. Malgré son rôle déterminant dans la mise en œuvre du processus ITIE en RDC, la participation de la société civile s’est progressivement affaiblie ces dernières années. Confrontée à de multiples défis — absence de consensus sur les priorités, manque de règles claires pour la désignation et le remplacement des délégués au Groupe Multipartite — elle n’a pas su définir un agenda stratégique commun. Cette fragilité organisationnelle a limité son efficacité dans le processus ITIE et réduit son influence sur la gouvernance des ressources extractives, déjà minée par une application insuffisante des lois et par la corruption. Avec l’appui financier de la GIZ, la Sentinelle des Ressources Naturelles et Publiez Ce Que Vous Payez ont initié un processus de redynamisation de la participation de la société civile au mécanisme ITIE. Ce processus s’est déroulé en deux étapes complémentaires. La première étape a porté sur l’adaptation du code de conduite, définissant les règles de participation de la société civile, y compris celles relatives à la désignation et au remplacement de ses délégués au Groupe Multipartite. Cette phase s’est conclue par l’adoption, en décembre 2025, du code de conduite des organisations de la société civile. La seconde étape a consisté en l’élaboration et l’adoption d’un agenda stratégique pluriannuel. Ce plan de travail fixe les priorités et objectifs qui guideront la participation de la société civile au processus ITIE pour les trois prochaines années. La redynamisation intervient dans un contexte marqué par une demande croissante de minéraux critiques indispensables à la transition énergétique et numérique, ainsi que le début du processus de validation de la RDC prévu pour le 1er octobre 2026. À l’approche du processus de validation de l’ITIE et face aux nouvelles exigences de la Norme ITIE 2023, il est apparu nécessaire pour les organisations de la société civile de disposer d’un cadre stratégique commun permettant d’harmoniser les interventions, de renforcer la coordination entre les acteurs et de définir des priorités communes autour des enjeux majeurs du secteur extractif. C’est dans cette perspective qu’un atelier national d’élaboration de l’Agenda Stratégique Triennal de la Société Civile du Secteur Extractif en RDC a été organisé à Kinshasa du 27 au 28 avril 2026 par la Sentinelle des Ressources Naturelles avec l’appui technique et financier de la GIZ. Cet atelier a réuni des représentants des organisations de la société civile provenant de différentes provinces du pays afin de réfléchir collectivement aux priorités stratégiques devant orienter les actions de la société civile pour les trois prochaines années. Le présent agenda a été consolidé par La Sentinelle des Ressources Naturelles sur la base des contributions des organisations de la société civile du secteur extractif, en vue d’assurer la cohérence des priorités, des engagements collectivement définis dans un cadre stratégique commun et de promouvoir, en République démocratique du Congo, une gouvernance des ressources naturelles transparente, responsable et inclusive.